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Les librairies les plus insolites du monde : lire dans un train, une grotte ou un phare

Les librairies les plus insolites du monde : lire dans un train, une grotte ou un phare

Les librairies les plus insolites du monde : lire dans un train, une grotte ou un phare

Il y a des lieux où l’on achète des livres, et d’autres où l’on entre comme dans un petit monde parallèle. C’est de ces derniers dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui : des librairies insolites, nichées dans des trains, des grottes, des phares ou d’autres endroits où l’on n’imaginerait pas forcément trouver des rayonnages de romans et de beaux livres. Un sujet parfait pour rêver de voyages littéraires, d’architecture curieuse et de pages tournées dans des décors inattendus.

Lire dans un train : quand la librairie devient nomade

Le train et le livre ont toujours fait bon ménage : le cliquetis des rails, le paysage qui défile, la petite bulle de temps suspendu… On connaît tous le plaisir de sortir un roman de son sac au moment où le contrôleur poinçonne le billet. Mais dans certains pays, ce n’est plus seulement le lecteur qui voyage : c’est la librairie elle-même.

Des initiatives ferroviaires littéraires ont vu le jour un peu partout dans le monde, sous des formes variées :

L’atmosphère y est particulière : odeur de métal et de vieux bois, sons étouffés des conversations en gare, vibrations sous les pieds. Feuilleter un livre de voyage dans un wagon, c’est presque trop logique. On y trouve souvent :

Ce type de librairie insolite raconte autre chose que la simple vente de livres : il rappelle que le rail reste un symbole de modernité douce, de déplacement lent, de temps retrouvé. C’est aussi une invitation à voyager plus léger : plutôt qu’un bagage rempli de souvenirs standardisés, on ramène un livre choisi dans un wagon, porteur d’une histoire de chemin de fer, de rails et d’horizons lointains.

Librairies troglodytes : lire dans une grotte

À l’opposé de la vibration des trains, il existe des librairies nichées dans la pierre, au cœur de grottes, de cavités naturelles ou de maisons troglodytes. L’ambiance y est radicalement différente : fraîcheur presque constante, réverbération douce de la voix, lumière tamisée qui rappelle les chapelles ou les caves à vin.

Dans certaines régions riches en cavités naturelles, des passionnés de littérature ont transformé ces espaces en librairies indépendantes. On y accède parfois par un escalier étroit, parfois par une porte discrète au niveau de la rue, qui s’ouvre sur une paroi rocheuse creusée depuis des siècles. Une fois à l’intérieur, les rayonnages épousent littéralement la forme de la roche, créant des niches où s’alignent poches, essais et albums illustrés.

Ce type de librairie insolite joue beaucoup sur l’atmosphère :

On y trouve souvent une sélection éditoriale très personnelle : beaucoup de livres sur la nature, la géologie, la randonnée, mais aussi de la poésie, des textes contemplatifs, des essais sur l’écologie. On peut s’installer dans un renfoncement, ouvrir un recueil de haïkus ou un roman d’aventure souterraine et oublier, l’espace de quelques chapitres, la lumière du jour.

La librairie-grotte, à mi-chemin entre la caverne d’Ali Baba et le cabinet de curiosités, évoque aussi quelque chose de primitif : l’idée que les histoires ont d’abord été racontées à la lueur du feu, sur les parois des grottes, bien avant l’invention de l’imprimerie. Ici, le livre retourne symboliquement à la pierre, mais cette fois pour y être lu, commenté, transmis.

Un phare rempli de livres : la lecture face à l’horizon

Autre décor, autre ambiance : la librairie installée dans un phare. Perché sur une côte battue par les vents, cerné par l’odeur de sel et parfois la brume, le phare est déjà en soi une figure littéraire. Y ajouter des rayonnages de livres, c’est pousser le symbole un cran plus loin.

Dans certains pays maritimes, d’anciens phares désaffectés ont été reconvertis en lieux culturels : petits musées locaux, cafés, salles d’exposition… Ou parfois, plus discrètement, en librairies de bord de mer. L’idée est simple : transformer ce symbole de vigilance et de lumière en refuge pour lecteurs.

On y monte par un escalier en colimaçon. À chaque demi-étage, une petite pièce circulaire abrite des étagères. On se retrouve alors avec :

Lire dans un phare-librairie, c’est accepter d’être un peu déstabilisé : le vent fait vibrer les vitres, les marches grincent, la vue est parfois versante de vertige. Mais c’est aussi se sentir étrangement protégé, comme dans une lanterne posée entre mer et ciel.

Les librairies de ce type sont souvent très ancrées dans leur territoire. On y trouve :

On repart avec un livre et, en cadeau bonus, le souvenir de cette vue panoramique sur l’horizon, qui accompagne longtemps la lecture.

Théâtre, église, bateau : d’autres librairies insolites qui font voyager

Les trains, grottes et phares ne sont pas les seuls à abriter des livres. Partout dans le monde, des librairies atypiques s’installent dans des lieux inattendus, et certaines sont devenues de véritables destinations touristiques pour les amoureux de lecture.

Parmi les cas souvent cités lorsqu’on évoque les librairies les plus insolites du monde, on retrouve par exemple :

Ces espaces démontrent une chose : le livre résiste en se réinventant. À l’heure où l’on parle beaucoup de dématérialisation, l’objet-livre garde une dimension profondément physique. On ne va pas dans une librairie de théâtre ou de bateau uniquement pour le texte, mais pour l’ensemble de l’expérience :

Voyager autrement : préparer ses itinéraires autour des librairies du monde

Ces librairies insolites ne sont pas uniquement des curiosités architecturales : elles peuvent devenir le fil rouge d’un voyage. Je trouve fascinant de préparer un itinéraire non pas uniquement autour des monuments « obligatoires », mais aussi autour de quelques librairies choisies, qu’elles soient troglodytes, maritimes, ferroviaires ou installées dans d’anciens lieux de culte.

Pour construire ce type de voyage littéraire, quelques astuces s’imposent :

En rentrant chez soi, ces ouvrages forment une cartographie intime : tel roman acheté au sommet d’un phare battu par le vent, tel recueil trouvé dans une grotte fraîche au milieu d’un été écrasant, tel essai sélectionné dans un wagon aménagé en librairie. À chaque fois que l’on rouvre le livre, on retrouve le bruit de la mer, l’odeur de pierre humide ou le roulis du train.

Les librairies les plus insolites du monde rappellent qu’un livre n’est pas seulement un assemblage de pages imprimées. Il est aussi lié à un lieu, à un moment, à une rencontre. Lire dans un train, une grotte ou un phare, c’est accepter que le cadre influe sur notre manière de lire, sur notre mémoire de lecteur, sur le plaisir même de tenir un livre en main. Et, au fond, c’est peut-être cela, le plus beau des voyages : celui qui commence sur une étagère, et se poursuit bien au-delà de la dernière page.

Victoire

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